Défragmenter son disque dur

Pourquoi défragmenter son disque dur ?

Pour comprendre la défragmentation, il faut déjà appréhender ce qu’est la fragmentation des fichiers. Pour stocker des données sur un disque dur, il existe plusieurs méthodes qui définissent autant de « systèmes de fichiers». Windows est connu pour en utiliser deux, le NTFS (New Technology File System), popularisé grâce à Windows XP, et le FAT (File Allocation Table). Ensuite, un disque dur est composé d’une multitude de casiers de rangement, les « clusters ». Pour pouvoir stocker un fichier, il faut le découper en morceaux assez petits pour les faire entrer dans les clusters, Par exemple, quand le système de fichiers est le FAT32 , la taille optimale des clusters, recommandée par Microsoft et appliquée par défaut lors du formatage, est de 32 kilo-octets (Ko), un fichier de 30 Ko n’occupera donc qu’un seul cluster. Par contre, en NTFS, la taille optimale des clusters n’est plus que de 4 Ko : le fichier sera alors morcelé sur huit clusters. Si les fragments du fichier sont stockés sur des clusters contigus, pas de problème. S’ils sont dispersés sur des clusters placés à différents endroits du disque, on dit que le fichier est fragmenté.

Est-ce grave ?

Tout dépend du taux de fragmentation. S’il est minime (moins de 10 % des fichiers), ce n’est pas gênant. Mais plus vous effacez des fichiers et en enregistrez des nouveaux, plus la fragmentation augmente. C’est inéluctable. En effet, quel que soit le système de fichiers retenu (NTFS ou FAT), un fichier, lorsqu’il est copié ou déplacé sur le disque dur, n’est pas forcément stocké sur des clusters voisins. Lorsque qu’un cluster est libre, le disque dur y place le premier morceau du fichier, Il tente ensuite de placer le second sur le cluster suivant, mais s’il est déjà plein, il cherche plus loin un autre cluster libre, et ainsi de suite.

Résultat: un bout du fichier peut très bien se retrouver au début de l’espace de stockage, et un autre à la fin. Du coup lorsque l’on doit accéder au fichier, la tête de lecture du disque dur se déplace plus souvent et je mets plus de temps à réunir les morceaux du fichier. C’est le principal inconvénient de la fragmentation : elle augmente les temps de lecture et d’écriture des fichiers. Cette fragmentation se produit aussi lors de la modification d’un fichier. Si sa taille augmente, le « nouveau» morceau est rarement placé à côté des anciens, déjà occupé par des données stockées entre-temps. C’est d’autant plus gênant que les fichiers sont gros : un fichier de 40 mégaoctets sera saucissonné en au moins 10000 morceaux! Et lorsque l’on supprime des fichiers, cela crée des trous qui transforment les plateaux en gruyère, qui sont colmatés ensuite à coup de bouts de fichiers, car il est rare qu’un fichier complet rentre pile-poil dans un emplacement laissé par un autre fichier effacé.

Le problème de fragmentation existe-t-il avec les systèmes d’exploitation Mac et Linux?

Disons que jusqu’à un certain point, par la façon dont ils abordent la copie de fichiers. Pour schématiser, lorsqu’ils doivent copier un fichier de 10 Mo par exemple, ils recherchent d’abord une zone contiguë de 10 Mo sur le disque dur, puis y copient le fichier. Cela dit, avec le temps, même les systèmes Mac et Linux finissent, après des suppressions de fichiers à répétition ou lors de la copie de très gros fichiers, par avoir des disques durs fragmentés, surtout lorsque les disques commencent à être pleins.

Et la défragmentation?

La défragmentation consiste à réaménager tous les fichiers que contient le disque dur, de telle manière que leurs fragments soient placés sur des cluters contigus. En gros, il s’agit de recopier tout le contenu de manière plus intelligente, en recollant les morceaux.

Mais dans quel but?

Afin d’avoir un accès plus rapide aux fichiers et à ménager les têtes de lectures qui auront moins de chemin à parcourir pour retrouver la totalité d’un fichier! Toutefois, il ne faut pas espérer transformer votre disque dur en fusée! Tout au plus il retrouvera sa vélocité d’antan et ses têtes de lecture auront des mouvements moins saccadées. Vous savez, ce bruit atroce de grésillement que l’on peut entendre parfois durant de (trop) longues secondes … Notez tout de même que depuis Windows Vista, la fragmentation atteint rarement un seuil handicapant, car un utilitaire est inclus qui défragmente régulièrement et automatiquement. Par défaut, il le fait. .. tous les mercredis à 1 heure du matin! Mais ce paramètre peut être modifié avec l’outil Défragmenteur de disque qui se trouve dans les outils système du menu Démarrer.

Quel rythme conseillez-vous pour cette pratique?

Cela dépend du rythme auquel vous envoyez de nouvelles données ou modifiez le contenu du disque dur. Si le disque dur emmagasine ou modifie 200 à 300 Go de données par semaine, une défragmentation hebdomadaire est vivement recommandée. Dans les périodes plus calmes, une défragmentation mensuelle est amplement suffisante. Soyez vigilant tout de même: il faut qu’il y ait au moins 15% d’espace libre pour réaliser la défragmentation dans de bonnes conditions. Cet espace est utilisé comme zone de transit pour les fichiers déplacés. En de ça de ce seuil, la défragmentation peut se faire mais risque d’être interminable et incomplète. Pensez d’abord à supprimer tous les fichiers inutiles (notamment les fichiers temporaires du navigateur Internet) avant de lancer l’opération, ça sera toujours autant de temps de gagné. Utilisez par exemple l’utilitaire Ccleaner.

Et défragmenter une clé USB, est-ce nécessaire?

Absolument pas! , Pour les clés USB et autres supports utilisant de la mémoire Flash, tels que les disques SSD et les cartes mémoire (SD, MMC…), la fragmentation des données n’a aucun effet sur leurs performances. Elle sont dépourvues de partie mécanique, sans plateaux tournants ni têtes de lecture. Du coup, le temps d’accès à leurs contenus est extrêmement court, jusqu’à cent fois inférieur à certains disques durs. La défragmentation intensive pourrait même avoir un contrecoup néfaste. En effet, les circuits de stockage, contrairement à ceux des disques durs, ne sont utilisables qu’un certain nombre de fois. Et que ce nombre soit atteint en un jour ou en dix ans ne change rien, une fois qu’un des secteurs a épuisé son quota d’écritures, celui-ci cesse de fonctionner! Or, la défragmentation consiste précisément à réécrire constamment sur les clusters. D’ailleurs Windows 7, conscient des dégâts que cette pratique peut occasionner sur l’espérance de vie des supports mémoire flash, avertit clairement dans son utilitaire de défragmentation que les lecteurs à mémoire Flash ne doivent pas être défragmentés.